Lettre ouverte ministre de l’éducation national s/C le recteur de l’académie de Créteil.

Dans une lettre ouverte au Ministre de l’éducation nationale, la FCPE de la Seine Saint Denis appelle ce dernier à recommander à ses chefs d’établissements et ses directeurs d’école à donner toute leur place aux parents notamment par le maintien du vote à l’urne.

Monsieur le Ministre

A peine le dernier bulletin de vote déplié et les premiers conseils nouvellement élus convoqués que fleurissent à l’ordre du jour les propositions de limiter le vote pour les élections de parents d’élèves au seul vote par correspondance. La FCPE de Seine Saint Denis ne peut que regrette cet état des choses. Le vote à l’urne est l’occasion pour certains parents – pas assez d’ailleurs – de venir dans l’école, le collège ou le lycée. C’est un moment où ils peuvent rencontrer d’autres parents dans une relation directe d’autant plus importante dans le secondaire où les parents n’accompagnent plus leurs enfants à l’école. C’est un scrutin ouvert à tous sans condition de nationalité, contributif au sentiment d’appartenance et d’égalité de tous à l’école.

La mesure nous a été présentée comme une simplification bienvenue. Mais pour qui ? Pour quelques établissements bien rares où les élèves sont majoritairement internes ? Entre le vote à l’urne et le vote par correspondance, seule la tenue du bureau de vote disparait. Or ce sont les parents qui tiennent les bureaux de vote sous le regard attentif mais souvent distant de la direction qui n’intervient qu’à l’ouverture et à la fermeture du scrutin.

Le vote par correspondance, déjà pratiqué en parallèle du vote à l’urne ne va pas non plus améliorer le taux de participation alors même qu’il est particulièrement faible en Seine Saint Denis. Les parents qui auront oublié d’adresser leur vote, ceux mal à l’aise avec la procédure de double enveloppe, ceux dont les adolescents oublieront de remettre le vote à la scolarité viendront encore amoindrir la participation et la légitimité de l’élection.

Les chefs d’établissements expérimentés et attachés à la présence des corps intermédiaires le savent bien, eux qui associent au jour du scrutin un temps fort de l’établissement, réunion de présentation etc… pour faciliter à tous l’acte de vote.

L’école repousse de plus en plus le parent. La sécurité le laisse au quotidien à la porte de l’établissement. Sa collaboration bénévole est de plus en plus encadrée et de plus en plus difficile. Sa place dans les instances reste fragile.

La fin du vote à l’urne vient un peu plus éloigner le parent du lieu d’étude de ses enfants. Pourquoi ? Un bon parent serait-il un parent distant ?

Monsieur le Ministre, le vote à l’urne reste autorisé. La FCPE, au nom de tous les parents pour qui la coéducation reste un instrument essentiel à la réussite collective de la communauté éducative, vous appelle à sensibiliser vos recteurs et rectrices afin qu’ils donne des consignes aux directeur(trice)s et chef(fe)s d’établissement pour qu’ils conservent le vote à l’urne au côté du vote par correspondance.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions, Monsieur le Ministre, de recevoir l’expression de notre considération distinguée.

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