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D’une violence à l’autre…

Alors que la violence physique et symbolique s’infiltre avec force dans toutes les composantes de notre société, rien d’étonnant à ce que l’école soit touchée. Ce qui sidère pourtant notre fédération c’est que le Ministre de l’Éducation Nationale en fasse porter la responsabilité aux parents. La FCPE 93, cependant, ne cédera ni à cette provocation inutile ni à cette tentative grossière de détourner les regards de tous, des vrais sujets.

Oui, la violence existe à l’école comme ailleurs, violence des institutions, violence des adultes, violence des élèves. Mais il n’y a pas d’école sans enfants, pas d’enfants sans parents, ni d’élèves sans enseignants. Plutôt que de chercher à opposer de façon stérile des factions inutiles nées de son imagination fertile, notre fédération appelle le Ministre de l’Éducation à s’intéresser à la cause première de la violence scolaire : le manque de moyens humains et matériels.

Avec 3 256 enseignantes et enseignants de moins en 2026, comment va-t-il diminuer les effectifs de classes surchargées qui ne laissent aucune chance à un échange pédagogique de qualité ?

Avec le déficit effarant en AESH – 2 000 rien que pour la Seine-Saint-Denis – comment-va-t-il faire de l’école le lieu de l’inclusion et non celui de l’exclusion ?

Avec la diminution drastique des personnels médico-sociaux, à commencer par les infirmières de plus en plus mutualisées, comment va-t-il répondre aux besoins d’élèves confrontés de plus en plus tôt au mal-être sociétal ?

Où sont les personnels administratifs, techniques et les assistants d’éducation dont la présence à l’école est indispensable pour créer les conditions d’un climat scolaire apaisé ?

Où sont les mesures de réduction des inégalités scolaires qui sont d’abord sociales ?

À quand la mise à disposition d’un cadre scolaire et de matériels adaptés aux besoins de leurs occupants, été comme hiver ?

Que deviennent les promesses du sport à l’école, dont les bienfaits sur la santé, l’estime de soi et la réussite scolaire ne font pourtant plus débat ?

Face à ces questions, la FCPE 93 rappelle son attachement à l’école de la République, à ses valeurs et à la co-éducation, enjeu majeur du fonctionnement serein de la communauté éducative et de toutes ses parties prenantes.

À la violence sans lendemain notre fédération préféra toujours l’intelligence collective. C’est pourquoi elle lance un appel à une mobilisation bruyante mais pacifique, le 17 février ou les jours suivants, devant les établissements pour interpeller le ministre de l’Éducation et obtenir les moyens humains et matériels qu’elle sait nécessaires pour réconcilier l’école avec elle-même.

Une nation sans enfant n’a pas d’avenir. Cessons de nous déchirer, pour eux, pour nous, ensemble, reconstruisons.

Bondy, le 12 février 2026.

Contact presse : 06 58 56 16 54 et Alixe Rivière porte-parole 06 70 29 89 53.