Bondy, le 27/03/2021

La FCPE de Seine Saint Denis s’étonne que le Ministre de l’Education Nationale n’ait découvert qu’hier après-midi qu’il y avait des problématiques sanitaires dans les écoles. Elle regrette, et ce n’est pas la première fois, qu’il ait décidé de réagir dans l’urgence sans tenir compte des réalités de terrain, sans interroger les chefs d’établissements, sans prévenir qui que ce soit, même pas ses recteurs. Nos enfants n’ont pas à être le jouet de la communication personnelle d’un Ministre à la peine.

Une fois de plus rien n’est réfléchi. Rien n’est précis. Rien n’est anticipé. L’incertitude constante depuis plus d’un an vient chaque jour un peu plus nourrir le stress des parents, comme des enfants. Alors que le gouvernement affirme jour après jour que l’ouverture des écoles est sa priorité, notre fédération ne comprend pas que l’on se retrouve au pied du mur et dénonce l’hypocrisie de la fermeture des classes dès le 1er élève positif. Avec 3500 élèves positifs ce jeudi en Seine Saint Denis soit 1000 de plus que la semaine précédente, comment ne pas voir qu’il s’agit d’une mesure de fermeture qui ne dit pas son nom.

Où sont les mesures que nous réclamons depuis des mois et qui auraient pu éviter d’arriver à ce constat d’échec ?

  • Les moyens supplémentaires pour permettre des vraies demi-jauges ?
  • L’absence de brassage entre classe dans les collèges (une classe – une salle, quasi pas mis en œuvre car cela nécessite du personnel de surveillance aux intercours.)
  • Quid de la réorganisation de la restauration. Où sont le solutions alternatives à combiner (tiers lieux mis à disposition par les collectivités territoriales, barnums, repas dans les classes, repas froids….)
  • Pourquoi les campagnes de tests sont-elles aussi lacunaires ? Pourquoi la vaccination des équipes scolaires semble-t-elle toujours repoussée à plus tard ?

Où est la continuité pédagogique que les autorités académiques semblent croire universelle au vu de quelques réussites individuelles ? Notre constat est moins serein. Les enseignants ne sont toujours pas outillés et rien n’a été prévu pour un nouveau confinement total ni sur le plan matériel et des réseaux, ni sur le plan pédagogique, ni pour l’accompagnement des élèves et leurs familles (diversement équipées, n’en déplaise à la région). L’absence de suivi des élèves en éviction, la difficulté et souvent l’impossibilité des enseignants en ASA pour assurer leur cours et le distanciel réduit à peau de chagrin des lycéens en demi-jauge témoignent avec éclat de cet état de fait. Lundi ne sera pas différent d’aujourd’hui.

Notre département est lourdement frappé par la crise sanitaire, cette année comme l’an dernier et pourtant à l’école rien n’a changé. Les demi-jauges existantes et les fermetures qui vont s’accélérer, se généraliser sans doute, vont une fois de plus creuser les inégalités. Avec toujours moins de cours, toujours moins de préparation aux examens, toujours plus de concurrence du privé qui applique à peine les protocoles depuis cette semaine, nos enfants vont une fois encore devoir attendre que l’Etat s’organise pour un droit à l’éducation inscrit dans les lois mais de plus en plus éloigné du terrain.

Nos enfants sont l’avenir de tous. Agissons pour que l’inégalité sanitaire ne vienne pas aggraver encore davantage l’inégalité scolaire.

Anne Pieter et Alixe Rivière Co-présidentes

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