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Discours de la FCPE93 lors du rassemblement du 7 avril devant la préfecture

Si nous avons boycotté le CDEN avec les syndicats d’enseignants aujourd’hui c’est pour dire notre refus, la FCPE 93, d’un service public d’éducation qui se dégrade à la vitesse de la lumière. Jusqu’à quel stade on va accepter, sans broncher, chaque année, ces suppressions de classes et de postes, cette saignée dans l’Éducation nationale…

L’année dernière, 105 suppressions de classes dans le premier degré dans notre département. Que nous a répondu la DASEN ? C’est lié à la baisse démographique et vous verrez ça va nous permettre d’abonder la brigade de remplacement. Nous sommes début avril et nous n’avons jamais eu autant de problèmes d’absences non remplacées dans notre département…

La situation est catastrophique au quotidien, dans le premier comme dans le second degré, des pertes monumentales d’heures de cours, réduisant les chances scolaires de nos enfants et leur avenir, alors que Parcoursup rend encore plus fort le poids des options et des notes au bac, dans l’enseignement supérieur. Qu’est-ce que ça va être alors l’année prochaine avec 275 fermetures

de classe dans le 93 et 4000 suppressions de postes dans toute la France ? Alors que la démographie scolaire baisse, le gouvernement choisit de supprimer des classes et des postes, plutôt que d’améliorer le taux d’encadrement et les conditions d’apprentissage. Et le plus inquiétant dans tout ça c’est que parmi les 275 fermetures, ce sont 86 classes 100% réussite touchées alors que le ministère de l’Éducation nationale avait publié l’année dernière une étude statistique sur l’éducation prioritaire, qui montrait « les effets bénéfiques » du dédoublement des classes de maternelle, CP et CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP) en termes de réduction des inégalités. On voit aussi quotidiennement des enfants en situation de handicap, laissés au bord de la route de cette compétition scolaire, faute de moyens donnés à l’inclusion.

Nous sommes inquiets, en tant que parents d’élèves, d’un système à deux vitesses : des écoles privées d’élite très dotées, avec un financement de l’État à hauteur de 73 %, et un système public rogné jusqu’à l’os, considéré comme une variable d’ajustement budgétaire… En tant que parents d’élèves, on n’a jamais vu aussi autant d’épuisement des enseignants et de tout le personnel de l’Éducation nationale, qui font le quotidien de nos enfants.

On est ici pour dire non, non au fait que l’école doit subir des économies. Comment accepter, en même temps, l’augmentation du budget de guerre et des classes de défense et de sécurité globale dans l’Éducation nationale ? Savoir en plus que le budget de l’armée a dépassé, pour la première fois sous la Vème République, celui de l’Éducation nationale…Ça veut dire qu’il y en a de l’argent…Et que ce sont des choix politiques. 

Dans tout ça, une note d’espoir : on a vu dernièrement que les départements très mobilisés ont vu les DSDEN revenir sur le nombre de suppressions de classes…C’est donc le moment ou jamais d’intensifier la mobilisation. On est l’un des territoires français les plus touchés par les inégalités sociales et scolaires. Le 93 doit avoir un plan d’urgence à la hauteur des besoins de nos enfants et on le doit pour eux. 

Pour que les aspirations scolaires des familles des classes populaires et moyennes ne soient pas réduites à néant, nous continuerons de nous mobiliser la FCPE 93 au côté des syndicats jusqu’à ce que les suppressions de classes et de postes soient annulés et que les dotations dans le premier degré et second degré répondent aux revendications du plan d’urgence 93.