Le 13 septembre 2017, la France a été désignée comme organisatrice des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 (JOP24).

Dans le cadre de la préparation des JOP24, des discussions ont été engagées en vue de la réalisation de travaux de construction d’un système d’échangeurs entre les autoroutes A86 (Pleyel) et A1 (Porte de Paris) permettant de desservir le futur Village Olympique et Paralympiques qui accueillera les athlètes venant du monde entier.

Le Projet est porté par la Direction Interdépartementale des Routes d’Ile-de-France (DiRIF) de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Équipement et de l’Aménagement (DRIEA), maître d’ouvrage délégué pour le compte de l’État.

Le Projet a vocation à être mis en œuvre dans le quartier Pleyel, sur la commune de Saint-Denis, dans le département de la Seine-Saint-Denis (93), les travaux étant prévus entre début 2021 et fin 2023.

Face aux effets nocifs de ce projet, l’Autorité environnementale avait recommandé à la DIRIF « de mettre en place des mesures de réductions des risques sanitaires, notamment au sein des établissements sensibles ».

Le Maître d’ouvrage ne parviendra jamais à suivre cette recommandation, puisqu’il a annoncé vouloir mettre en place diverses mesures, tout en admettant que chacune d’entre elles aura un impact « incertain et probablement faible »

Ce projet a été validé par une enquête publique qui a été prolongée suite aux nombreuses craintes soulevées par les habitants et associations. Un recours devant la Cour Administrative d’Appel de Paris (CAAP) a été déposé le 22 janvier 2020 par l’association de parents d’élèves FCPE93, l’association de riverain.e.s Vivre à Pleyel et des requérant.e.s à titre individuel. Le 05 mai 2020, le juge des référés de la CAAP a prononcé la suspension de l’arrêté autorisant les travaux du projet d’échangeur autoroutier.

Malgré cette suspension, le juge du fond de la CAAP saisie a décidé, dans un arrêt rendu le 22 octobre 2020 de rejeter la requête contre l’arrêté autorisant la construction de l’échangeur autoroutier. Bien que le juge ait reconnu, dans cette décision, que les mesures prévues par le Maître d’ouvrage pour éviter, réduire ou compenser les nuisances de son projet sur les habitants ne présentaient aucune certitude quant à leur efficacité, celui-ci a jugé que les « avantages socio-économiques » de l’échangeur justifiaient, malgré la détérioration de la qualité de l’air induite, qu’il soit qualifié d’intérêt public.

Le 4 Décembre 2020, un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État contre cette décision a été déposé par les même requérants. Ce dernier a rendu une décision le 3 août 2021 par laquelle elle rejette le pourvoi en cassation au motif qu’il ne comporterait aucun moyen « de nature à permettre son admission ».

Fin novembre 2021 la FCPE 93 et l’association Vivre à Pleyel déposent un recours à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH).

La Direction Interdépartementale des Routes d’Iles de France (DiRIF) réalise actuellement dans le quartier Pleyel et sous la bannière des JOP de Paris 2024 avec l’accord de la mairie de Saint-Denis, de l’Établissement Public Territorial Plaine Commune ainsi que du Département de la Seine Saint-Denis,  un échangeur autoroutier complet à 5 bretelles. Quatre autres projets de grande envergure verront le jour dans ce quartier : la Gare du Grand Paris Express Pleyel (250000 passagers/jours), le Franchissement Urbain Pleyel (220M€), l’héritage du Village Olympique et Paralympique, et la rénovation de la tour Pleyel et la construction de ses annexes dont une seconde tour de bureau de très grande hauteur.

Le quartier Pleyel va ainsi subir des transformations profondes et ce projet autoroutier dans son format actuel mettra en danger la santé et la sécurité de plus de 70 enfants dans la crèche des Sonatines et de près 600 enfants âgés de 3 à 12 ans qui fréquentent l’école maternelle Ignaz Pleyel et l’école élémentaire Anatole France : groupe scolaire Pleyel – Anatole France.

Dans ce projet autoroutier, ces enfants et une soixantaine d’employé.e.s seront menacés par la concentration de polluants hautement cancérigènes et incommodés par le bruit généré par le trafic incessant qui augmentera de manière considérable.

Le bd Anatole France et le bd de la Libération qui longent ce groupe scolaire seront directement connectés à ce futur échangeur et verront ainsi la circulation augmenter significativement de part et d’autre. Ces boulevards prendront en étau ce dernier et se réuniront au Carrefour Pleyel.

Le bd Anatole France qui longe l’école maternelle deviendra le grand axe routier simple d’accès pour rentrer sur l’A86 à Pleyel. La reconfiguration et déconnexion de la rue périphérique Francisque Poulbot à 4 voies (10000 à 20000 véhicules/jours) se trouvant à plus de 120m de distance de l’école maternelle ainsi que la réduction des quais de Seine à 2 voies viendront aggraver la situation de la circulation au cœur de ce quartier.

Pour compléter l’échangeur de l’A86, il était prévu de réaliser une déviation à côté de l’école maternelle.

Ce qui aurait dû servir de déviation a été transformé par la suite pour devenir un axe routier pérenne pour économiser de l’argent et pour accélérer la réalisation du projet autoroutier destiné à faciliter l’accès aux différents sites Olympiques en 2024.

Une fois les travaux de l’échangeur terminés et ses bretelles ouvertes à la circulation, cette déviation pourra aisément être supprimée pour remettre la circulation en périphérie du quartier Pleyel sur la rue Francisque Poulbot qui protégeait jusque là les enfants de la circulation induite par l’A86 à Pleyel et l’A1 au nord de ce quartier.

Pour protéger la santé de ces centaines d’enfants et faire que leur cadre de vie reste convenable, nous continuons à demander aux pouvoirs publics de travailler avec les citoyens sur les alternatives portées par les riverains, collectifs et associations ainsi qu’aux axes et aux sens de circulation dans l’ensemble du quartier Pleyel.

Protégeons les enfants en éloignant la circulation induite par le futur échangeur à 5 bretelles de leurs écoles et en créant à côté de la maternelle un jardin public de plus d’1,2 ha.

La reconstruction d’un autre groupe scolaire pour accueillir ces derniers est envisageable dans l’immédiat mais faut-il aussi protéger les milliers d’habitants dont les enfants seront impactés durablement par la pollution de l’air et le bruit qui seront induits par ce projet démesurés inséré dans un tissu urbain densément peuplé.

Les enfants du groupe scolaire Pleyel – Anatole France chantent « Le Pire » en juin 2019.