Bondy, le 24/04/2021

A la veille d’une énième demi-sortie de confinement, la FCPE de Seine Saint Denis ne peut que s’interroger sur la stratégie – en est-ce seulement une – du Ministre de l’Education Nationale. 

La poursuite dans les lycées et la mise en place pour les 4èmes, 3èmes d’une présence en demi-jauge répondent d’abord à des impératifs économiques en assurant l’accueil des enfants qui ne sauraient se garder seuls. Depuis quand l’école est-elle une garderie ?

Le maintien du brevet et de certaines épreuves du baccalauréat n’a également aucun sens. Cette mesure est tout d’abord inéquitable et place les élèves déjà les plus fragilisés par une scolarité fortement perturbée par la COVID en situation d’échec. Le passage au contrôle continu complet permettrait de tester les élèves sur les thématiques réellement suivies et de poursuivre les apprentissages sereinement jusqu’à la fin de l’année scolaire. La FCPE s’interroge notamment sur l’intérêt d’un « grand oral » pour lequel les enseignants ont été formés tardivement, quand ils l’ont été, qui sera préparé à la « va-vite » dans les quelques semaines à venir alors que les élèves ont surtout besoin de se consacrer aux matières nécessaires à leurs études supérieures. On ne garde pas un examen par vanité !

Devant un protocole sanitaire toujours aussi flou, malgré plusieurs semaines de réflexion, notre fédération s’interroge sur sa pertinence, son pragmatisme et sur l’absence de mesures compensatrices des perturbations qu’il entraine. Avec la fermeture d’une classe au 1er cas de COVID, l’organisation des classes tout particulièrement au collège et au lycée va être tout aussi chaotique qu’en mars où elle était devenue un véritable casse-tête pour les enseignants et les équipes de direction. Ce sera une fois de plus des milliers d’heures non assurées !

La FCPE de Seine Saint Denis déplore que des générations soient ainsi sacrifiées, tous particulièrement les lycéens de terminales qui essuient les plâtres de la réforme du bac avec près de 18 mois de cours perturbés. Au-delà des mesures à prendre immédiatement, elle appelle les pouvoirs publics, comme elle l’a fait en juin dernier, à préparer dès maintenant la rentrée 2021 en menant une réflexion ancrée dans les réalités de terrain et en déployant des moyens supplémentaires et non les réductions annoncées. Il est impensable de laisser se reproduire encore une fois la débâcle actuelle !

Nos enfants sont l’avenir de tous, n’obérons pas le nôtre avec le leur.

Anne Pieter, Alixe Rivière, Co-présidentes

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