Communiqué de presse, Bondy, 14/05/2020

A cette date, personne n’a de réponse à ces deux questions : au mois de septembre, cette pandémie sera-t-elle un souvenir de notre Histoire commune ou le Covid 19 continuera-t-il à entraver notre quotidien ?

Cette semaine, la reprise scolaire fabuleuse annoncée est très partielle. Seuls 10 à 20% ou plutôt 15% des effectifs des écoles de la Seine-Saint-Denis sont retournés en classe. Et durant le mois et demi qu’il reste jusqu’aux congés d’été, les élèves seront au mieux accueillis « au moins une fois ». Mais que se passera-t-il en septembre ? Quelle scolarité sera offerte aux élèves de la Seine-Saint-Denis ?
Que sera-t-il attendu de leurs parents ?

Avec au moins trois scénarios possibles, quelle rentrée vont découvrir les élèves de la Seine-Saint-Denis ?

Scénario n°1 : une rentrée classique ? Combien d’élèves y aura-t-il par classe ? La moyenne départementale est rendue mécaniquement basse parce qu’elle inclut celle des classes dédoublées (création en moyenne d’un peu plus de deux classes dans chaque ville du département) ? Quel est-il réellement pour tous les autres élèves du département ? La FCPE de la Seine-Saint-Denis a réaffirmé en CDEN du 20 avril* dernier son refus catégorique de laisser les écoliers apprendre dans des classes surchargées, en particulier après cinq mois de quasi-totale interruption.

Scénario n°2 : une rentrée mixte avec une scolarisation à distance ponctuée d’un retour à l’école ou au collège ou au lycée par période et selon des emplois du temps à horaires variables ?

Scénario n°3 : une rentrée 100% virtuelle parce qu’un nouveau confinement serait imposé à tous et à toute.s ?

L’hypothèse 2 et 3 ne sont viables qu’à la seule condition que tous les personnels de l’Education nationale, les élèves et les parents pour accompagner leur.s enfant.s  soient formés en urgence pour pouvoir pleinement jouer leurs rôles respectif. Cela devra être précédé d’une réflexion pour que l’école à distance ne soit pas la simple reproduction de la classe mais vu de loin. A cette nouvelle organisation, il faut une nouvelle pédagogie qui ne laisse personne sur le bord du chemin. C’est un enjeu de taille qui nécessite une implication collective de tous les acteurs et une évolution rapide des modes de coopération entre adultes tout comme entre élèves et adultes.

Quel que soit le scénario de l’Histoire, un adulte dont la mission première est d’enseigner ne pourra pas exercer à lui seul les métiers de médecin scolaire, d’accompagnant individuel en classe, de psychologue, d’infirmière, d’inspecteur.trice du premier degré, de conseiller.ère. pédagogique, de maître spécialisé (E et A), de traducteur, d’assistante sociale, d’intendant.e, de secrétariat, de conseiller.ère principal.e d’éducation, de surveillants, d’éducateur.trice, de psyEN (orientation).

Progressivement et brutalement, ces métiers disparaissent en Seine-Saint-Denis, nous exigeons leur réapparition dès l’année prochaine. Les élèves séquano-dyonisien.ne.s doivent pouvoir à étudier, se reconstruire et à grandir accompagné.e.s des adultes prévus pour faire fonctionner dans de bonnes conditions, l’écosystème scolaire qui prend soin d’eux. Avec cette diversité dans l’accompagnement, avec recherche de solutions coconstruite en partenariat avec les parents, avec des moyens à la hauteur des enjeux de l’école, donnons de l’ambition à la rentrée de septembre.

*vote en CDEN du 20/04/2020 où les représentant.e.s parents de la FCPE de la Seine-Saint-Denis ont été contraints de ne pas pouvoir faire un choix entre être « contre » les suppressions de classes et les créations de postes de conseillers pédagogiques.

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